La chronique de Mélisande*

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samedi 19 mai 2012

Diagramme ou vidéo ?

That is the question...

6-pointed crown

J'ai commencé à m'intéresser à l'origami vers 2003-2004, juste avant la popularisation de la vidéo. Pas d'autre choix que de transpirer en déchiffrant des diagrammes, seule dans mon coin. Un apprentissage parfois rude et frustrant, mais qui m'a donné d'excellentes bases pour comprendre comment un modèle se construit et me lancer dans mes propres créations.

Le diagramme ne donne pas toutes les clés, il faut deviner ce qui se passe entre deux étapes, cela oblige à avoir une réflexion analytique, saisir le but de la manoeuvre. Il permet de visualiser plusieurs étapes en même temps. Il reste mon support préféré.

La vidéo vous guide pas à pas, selon un processus linéaire, il suffit d'imiter. Difficile d'avoir une vue d'ensemble, sauf à jongler avec la fonction avance/recule. Le niveau technique est parfois médiocre: image floue, couleur de papier ne contrastant pas assez avec le fond, pliage sous les mains ou hors-champ, etc.

Pas besoin de vous faire un dessin (ou diagramme!), je ne suis pas une fan de la vidéo pour enseigner l'origami. A l'exception de celles de Sara Adams, qui sont remarquables; techniquement impeccables, très didactiques, et jamais sans l'accord du créateur du modèle. Chaque vidéo est éditée et montée comme un film de cinéma, ce n'est pas un enregistrement brut simplement envoyé sur YouTube.
Si vous ne connaissez pas son site, c'est ici

Déclaration de conflit d'intérêt: la dernière vidéo de Sara concerne ma couronne.

jeudi 27 août 2009

Prêts pour le 9.9.2009 ?

Il y a certainement des gens qui attendent ce jour pour se marier, moi c'est déjà fait et je ne suis pas une fétichiste des nombres. Pour célébrer cette coïncidence de chiffres, le groupe flickr de tessellations a lancé un challenge autour du nombre 9, voir le fil de discussion ici.

Un challenge difficile. Pour ceux qui ne sauraient pas par où commencer, voici quelques outils:
Construction d'un nonagone à partir d'un carré par Andrew Hudson
Division d'un cercle en 9, une méthode que je viens de découvrir grâce à ma mauvaise mémoire.
J'avais commencé par diviser mon cercle en 6, puis je voulais utiliser la méthode d'Abe pour la trisection d'un des sixièmes, mais pas moyen de m'en souvenir...(pour ceux qui sont dans le même cas que moi, voir page 33 de ce document de Robert Lang). Alors j'ai triché, j'ai pris un rapporteur pour mesurer un angle de 40°, et j'ai observé que la ligne que je venais de tracer croisait une autre à un endroit facile à repérer. Cette méthode est bien sûr fausse d'un point de vue géométrique, l'angle n'est pas exactement de 40°, mais en pratique cela ne se remarque guère, l'erreur est du même ordre de grandeur que le degré d'imprécision du plieur moyen.

Il n'y a pas beaucoup de pliages basés sur des neuvièmes de cercle, direz-vous; tant mieux, c'est l'occasion d'en inventer!
Pour commencer, voici deux étoiles, d'autres choses suivront.

Nonagon star, yellow Nonagon star, green

samedi 5 juillet 2008

Convention Origami USA New York

Me voilà de retour dans l'ancien monde, l'esprit un peu cotonneux et le coeur content. Cette année j'ai été plus prudente, je ne me suis pas fait voler mon appareil photo alors vous trouverez de quoi vous en mettre plein les mirettes. L'éclairage n'est pas optimal, il faut savoir que l'exposition a lieu dans une salle de gymnastique au sous-sol. Nul doute que les oeuvres présentées mériteraient mieux, mais je n'ose pas imaginer ce que coûterait la location d'une vraie galerie d'art à Manhattan...

Voici mon exposition:
My display at OUSA 2008 My display at OUSA 2008 My display at OUSA 2008

J'ai enseigné ma boîte-tato dite de Genève, cet atelier était sold out et a été très apprécié, malgré un retard et des diffficultés imprévues parce que je me suis trompée en expliquant les points de référence... Heureusement, avec ce genre de modèle, on peut toujours faire une variation impromptue et retomber sur ses pattes.
Le lundi, jour dédié à l'enseignement des techniques, Philip Chapman-Bell et moi avons exposé nos méthodes de construction des boîtes-tato. Cet atelier aussi était sold out et s'est bien passé. Je n'oublierai jamais l'air ahuri de ces Américains lorsque je leur ai demandé de plier 2 mm au-delà de la ligne médiane et le rire de Philip qui s'est gentiment chargé de leur traduire cela en inches...

J'ai été moins assidue que l'an passé, j'ai même manqué des ateliers auxquels je m'étais inscrite, parce que je traînais en ville avec mes potes et que j'avais oublié l'heure...Et puis, quand on a le choix entre plier au milieu de 500 personnes dans une salle bruyante et glaciale, ou avec quelques bons amis dans un parc, vous feriez quoi, à ma place ?
Comme dans les grands festivals, c'est parfois le programme "off" qui est le plus intéressant.

samedi 17 mai 2008

6ème triennale internationale du papier

Cette exposition a lieu du 8 juin au 5 octobre au musée de Charmey, Suisse
Le site de la triennale

Voici le prospectus :
6ème triennale internationale du papier
6ème triennale internationale du papier

L'une de mes oeuvres a été sélectionnée par le jury et figurera dans cette exposition :
Primeira obra do Brasil lado 1

Une bonne nouvelle pour mon petit ego, mais pas seulement ; chaque fois qu'un origami est considéré comme une oeuvre d'art parmi d'autres, cela bénéficie à toute la communauté des plieurs.

Photos de l'exposition.

mardi 1 janvier 2008

Présentation

Les métiers du papier sont une tradition dans ma famille : imprimerie, édition, achat/vente...J'ai grandi entre rames et palettes, tous les visiteurs disaient en entrant "ça sent le papier chez vous!", mais moi je n'ai jamais compris quelle était cette odeur!
A l'époque de mon adolescence, mes parents ont liquidé leur commerce de papier et j'ai choisi sans regrets une autre voie professionnelle.

J'ai eu divers hobbies: tricot, couture, jardinage. En automne 2003, mon fils qui allait avoir 6 ans m'a demandé si je savais plier autre chose que la salière...Je me suis souvenue tant bien que mal du chapeau, et c'était tout! J'ai commencé à chercher sur internet des modèles amusants pour les enfants, puis j'ai continué les recherches pour mon propre compte. J'ai pris goût aux pliages géométriques : modulaires, boîtes puis tessellations.

J'ai plié en solitaire jusqu'en au printemps 2005, date de l'ouverture de mon site web. En juillet 2005 débute une fructueuse collaboration avec Eric Gjerde qui m'a donné les clefs pour comprendre les tessellations et a partagé son riche carnet de signets et d'adresses électroniques. C'est le premier plieur avec qui je me suis sentie sur la même longueur d'onde, il y en a eu bien d'autres depuis, j'ai maintenant des amis dans le monde entier, et l'aventure continue...

La recherche et la création me procurent plus de plaisir que la virtuosité technique. J'ai débuté comme tout le monde, en suivant à la lettre les diagrammes ; étant d'un naturel curieux, j'ai essayé des variations de modèles connus, puis tenté de reconstruire des modèles non diagrammés à partir de photos, et peu à peu j'ai trouvé ma propre voie vers la création.

J'admire l'origami figuratif (animaux, personnages) pour ses prouesses techniques mais ne suis guère tentée d'en faire moi-même. Il y a davantage d'art, à mon humble avis, dans l'évocation symbolique d'un objet que dans sa représentation quasi photographique. L'abstraction ouvre toutes grandes les portes de l'imaginaire, l'art figuratif est corseté par ce qui nous apparait comme la réalité.
Pourtant ce monde est une merveilleuse source d'inspiration : j'ai créé mes premières tessellations en reproduisant des dallages anciens vus dans les églises de Rome, l'été dernier une série de bols d'après les fleurs de mon jardin, et ma dernière tocade concerne les coupoles d'une ancienne mosquée de Tolède...

Mon art n'est pas le fruit d'un génie isolé dans sa tour d'ivoire et je n'en revendique pas la propriété intellectuelle exclusive. Bon nombre de mes idées m'ont été en fait soufflées par mes amis et je me réjouis quand mon travail à son tour peut inspirer quelqu'un d'autre. It isn't origami until you share it, comme dit mon ami Philip Chapman-Bell.
L'art abolit la distance, le temps, il nous console de notre mortalité.

About

Paper is a tradition in my family : editing, printing, selling paper, but I did another choice for a profession.
I started origami in 2003, when my 6-years old son asked if I could fold anything other than the fortune teller : I was able to remember the hat, that's all. I started searching the internet, found some models for my son and went on folding for my own pleasure, mostly modulars, boxes and tessellations.

At first I folded from diagrams, then I started devising variations of existing models, then I tried reverse-engineering unpublished models, and finally I found my own path to creation. I was folding on my own until I launched my website in 2005 ; that same year began a fruitful and still ongoing email conversation with Eric Gjerde and later, with other friends worldwide.

While I admire representational origami (animals, insects) for the technical performance I've never been interested in doing this, myself. There is more art, in my opinion, in a symbolic representation than in an exact, quasi-photographic one. Abstraction opens door to imagination, figurative art is fencing it in the real. Yet the real world is a wonderful source of inspiration : I created my first tessellations from patterns I've seen on old church floors in Rome. More recently I designed some floral bowls after real flowers in my garden. My latest obsession is working on cupolas of an old mosquee in Toledo, Spain.

I'm not claiming my art to be only a product of my own genius, nor have I proprietarian pretentions to it : many of my ideas actually come from friends of mine and I'm happy when someone else find my work inspirational. It isn't origami until you share it, according to my friend, Philip Chapman-Bell.
Art is a way to abolish time, distance, and a consolation to our mortality.