Sauf erreur, ce mot désigne au Maroc les petites pièces qui composent une mosaïque, et par extension la mosaïque elle-même. L'art islamique est pour moi une inépuisable source d'inspiration.
Exceptionnellement, ce billet ne parlera pas d'origami, mais de sliceforms, une technique consistant à entrecroiser des morceaux de papier munis de fentes.( Je serais reconnaissante si quelqu'un pouvait me trouver la traduction française de ce mot). Par exemple ces réalisations récentes de Jeff Rutzky d'après des schémas de Chris Palmer :

“Zillij 5 & 10,” Yupo translucent, 10.5", by Chris K Palmer “Zillij 8,” cardstock, 15", by Chris K Palmer

Jeff utilise une machine à découper pilotée par ordinateur pour préparer les bandes avant de les assembler à la main.
Je ne possède pas ce gadget, mais j'ai eu envie d'essayer la technique, alors j'ai cherché des motifs pas trop compliqués, faisables avec une règle et des ciseaux ; voici le zillij low-tech !

Mon premier essai, basé sur un motif que j'avais créé à partir de l'étoile de Tolède :

Digital art Toledo zillij

Le 2ème, une décoration murale du XVIème siècle dans une maison du Caire ( planche tirée du livre L'art arabe d'après les monuments du Kaire, par Prisse d'Avennes, Paris 1877, version numérisée) :

Egyptian tiling Zillij for dummies

Toujours au Caire, voici la représentation de l'une des 128 fenêtres de la mosquée Ibn Tulun, qui est une variation du motif ci-dessus :

Ibn Tulun (Zillij IV)

En regardant distraitement Ibn Tulun, j'y ai vu des courbes :

Ibn Tulun with curves (Zillij V)

Une intéressante excursion hors du monde de l'origami.